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 [douglas Barker] roman "dérapages sur le circuit"

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Dexter

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MessageSujet: Re: [douglas Barker] roman "dérapages sur le circuit"   Jeu 2 Juil - 9:24

Chapitre 29 :
La mort révèle l'amour, c'est l'inconsolable qui pleure l'irremplaçable
Vladimir Jankélévitch


Beth était bien vivante. Debout dans l'embrasure de la porte.
« Rentre chérie, viens t'asseoir à coté de Doug. Ca fait plaisir de voir vos retrouvailles. » Ricana mon frère.
Elle avança sans me quitter du regard et tremblante vint se poser à un mètre de distance de moi sur le lit.
« Tu peux lui raconter Beth, on n'est plus à ça près maintenant, les plans ont changés. »
Une lueur de peur traversa son regard à l'idée que les plans changent justement. Elle glissa ses mains entre ses cuisses et me donna l'impression de vouloir prendre le moins de place possible.
J'ouvris le bal. « Putain Beth tu es avec lui. Que j'ai été con de croire que...J'ai vraiment eu mal à ton enterrement et j'ai mis des mois à ne pas vraiment m'en remettre, et toi tu savais ce que j'ai enduré. Comment as-tu pu le laisser faire ? » Je détournais les yeux pour fixer Steve, un air de dégoût aisément déchiffrable.
Une voix douce, hésitante me dit. « Je n'avais pas le choix mon amour. »
Je sifflai entre mes dents de rage à l'évocation de ce mot doux dans une bouche que je commençais à détester.
« S'il te plaît Doug, écoute-moi. Je suis bien Beth, celle que tu connais. Celle que tu aimes ou a aimé. Je...Il m'a obligé. Il a enlevé ma fille 24 heures. Ils l'ont prise à la sortie de son école. Ils me l'ont rendu le lendemain seulement en me disant qu'ils recommenceront, et qu'ils ne me la rendront plus jamais si je ne faisais pas ce qu'ils voulaient. »
Je ne la regardais toujours pas, la tête me tournait d'une montée d'adrénaline. Mon cœur allait exploser dans ma poitrine.
« Et oui frérot, parfois faut se donner les moyens d'y arriver non ? Tu connais ça toi. »
J'avais envie de lui sauter à la gorge mais mon corps ne suivrait pas. Mes jambes ne m'auraient pas soutenu. J'étais vidé de toutes forces vitales
Je me tournai vers la femme assise à côté de moi et d'un ton mauvais.
« Arrête de me cracher des mon amour. Tu t'es foutue avec moi par peur. Pour ta fille ou pour toi. Tu étais obligé de le faire. Je m'en veux de n'avoir rien vu. Putain mais quel con. J'y ai cru. Et tu n'es bien sûr pas médium, si ça se trouve tu ne t'appelles même pas Beth. Et ta maison qui a brûlé, le corps ?
Steve levait les bras au ciel. « Un coup de génie non ? » et explosa d'un rire bien trop fort pour être naturel.
« Foutre dieu Doug c'que t'es con. C'est la médium de ta mère. Je l'ai vu deux fois aussi, j'ai de suite su qu'elle te plairait la pouliche. Faut être une foutue bonne actrice pour faire ce boulot. Parfaite pour le rôle de destruction que je voulais lui refiler. Il suffit de prendre la fillette quelques heures et de lui rendre avec une petite menace qui va bien. Après elle a été docile comme une descente de lit ta Beth. » Son regard sur la femme apeurée était dédaigneux.
« J'ai dû être patient. Attendre que tu sois bien accro. J'avais pas prévu qu'elle le deviendrait aussi la demoiselle. Ca n'a été que plus facile pour t'embobiner. Puis quand le moment est venu. J'ai un peu menacé de mort sa fille, juste un peu quoi. Le deal était de leur donner une nouvelle vie à l'abri de tous et surtout de toi. Ici en Nouvelle Zélande, pas très loin de la ferme. De nouveaux noms, de l'argent. En échange, je cramais la baraque et tu disparaissais à tout jamais de sa vie, Ca n'a pas été si dur comme choix hein Beth ?
Des perles coulaient sur ses joues et tombaient sur son jean à cadence régulière. Mais aucun sanglot ne sortait. Une douleur ou une peine contenue.
« Mes camarades de jeu ont buté une clocharde et ont malencontreusement joué avec du combustible et des allumettes. C'est maladroit le petit personnel. »
Mon dieu, mon propre frère est un meurtrier. Comment a t-il pu en arriver là ? Tout ça pour prendre ma place pas si enviable que ça. Pour l'argent et la gloire. Pour une autre vie.
Il continua son monologue.
« Bon ils ont dû un peu l'amocher. Lui enlever quelques dents, le feu à fait le reste. Puisque physiquement je n'arrivais pas à t'amoindrir suffisamment pour faire illusion, c'est mentalement que j'allais te détruire. Quel pied de te voir toucher le fond comme une merde. L'alcool, les frasques du connard que tu as toujours été. J'ai jamais lu autant la presse à scandale. Les bagarres avec les journalistes, et celle avec Heinzo et Edberg, mémorable. Puis tes résultats ont commencé à bien merder. J'allais rentrer en scène. Tu allais avoir un, comment dirais-je, petit accident. »
Mes yeux étaient horrifiés, à mes pieds la photo à l'envers barrée du mot voleur semblait me narguer.
« Perdre un frère que l'on ne voit jamais, est-ce vraiment le perdre en fin de compte ? Mais voilà. Tu as annoncé ta retraite. Tu as foutu mes plans, ma vie à venir en l'air en jetant l'éponge. Comme une lavette. Et tu as fouillé. T'as rien lâché frérot. Quand je t'ai vu débouler hier soir. J'ai pas eu le temps d'enlever mes affaires. Tu as tout trouvé avant on dirait bien. Pas de chance Doug, va falloir clôturer cette belle histoire maintenant. »
Beth tremblait maintenant et remuait les jambes de manière convulsive. Elle supplia.
« S'il vous plaît, ne faites rien à ma fille. Tuez-moi mais ne touchez pas à ma fille. » Elle glissa doucement vers le bord gauche du lit comme pour se rapprocher de la porte de sortie.
Je pris la parole pour tenter une diversion.
« Juste pour rire Steve, c'est avec cette batte que tu comptes nous déglinguer ? T'es devenu complètement cintré ça c'est un fait. Mais t'as aussi perdu la mémoire. Quand on se bastonnait gamin, c'est toujours moi qui te collait une branlée.
Ses yeux se levèrent au ciel rappelant un peu le gamin qu'il fût.
« A l'époque, je n'avais pas de batte. »
Je profite de son moment d'inattention, pour tenter de me jeter au-dessus de la table basse en verre mais...pas assez vite.
Mes muscles tétanisés par la peur ne réagirent pas à mes pulsions électriques.
Steve n'eu qu'à soulever le manche de la batte et me l'enfoncer dans le plexus solaire, privant mon corps d'air immédiatement.
Je m'écroule dans une myriade de bois et de bouts de verre, explosant littéralement sous mon poids.
Je suis sur le ventre, coupé, lacéré et je me tords de douleur et de suffocation. En penchant la tête de côté, je vois le visage de Steve grimaçant au-dessus de moi et me hurlant.
« Pauvre connard, tu espérais quoi ? C'est fini pour toi et ça commence pour moi. »
Ses deux mains agrippèrent le manche et soulevèrent l'arme contendante. Il prit son élan se relevant afin de l'abattre de tout son poids sur mon crâne sans défense.
C'est à ce moment qu'une forme noire vint frapper sa glotte avec une rapidité fulgurante.
Mon frère lâcha la batte pour se tenir la gorge, cherchant lui aussi sa respiration. Son visage devint rouge écarlate et il tomba à genoux. Ce mouvement me fit apercevoir sa trachée complètement écrasée par le coup violent reçu.
Il eut un haut le cœur, son corps voulant rendre son dernier repas mais très peu de liquide sortit de sa bouche.
Steve s'écroula. Il se noyait dans son propre vomi et je ne pouvais rien faire pour lui.
Quelques derniers gargouillis furent les derniers bruits qu'il émit. Une fois terminé, ce sont des sanglots qui firent leur apparition.
Beth, mon dieu, Beth.
Je me tournais en gémissant de douleur.
Elle était debout tout ce temps, hors de mon champ de vision. Ma première raquette Prince à la main. Le cadre noir de mes débuts.
Sans le vouloir, j'avais fait diversion. Elle s'était rapprochée du bord du lit pour l'attraper, pas pour tenter une fuite.
Elle m'avait sauvé.
Elle avait aussi tué.
Elle s'approcha du téléphone fixe et composa le 111.
« Je m'appelle Beth Warner. Je viens de tuer quelqu'un. »
Puis elle raccrocha et vint se rasseoir sur le canapé. Elle ne me quitta pas du regard durant de longues minutes, sans dire un mot, la raquette posée entre ses jambes.
Nous laissant dans le silence le plus douloureux de mon existence.
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Dexter

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MessageSujet: Re: [douglas Barker] roman "dérapages sur le circuit"   Jeu 2 Juil - 9:29

Chapitre 30 : épilogue.

6 mois plus tard.

Je suis assis seul sur un rocher de la plage touristique Mission Bay à Auckland.
La mer y est calme et l'eau azur. La plage est bondée de familles s'y baignant, de couples s'embrassant, serviettes collées. Les enfants sont bruyants comme sur n'importe quelle plage du monde. Ils courent, font des châteaux, se jettent dans l'eau en hurlant, s'éclaboussent.
Le ciel est d'un bleu sans nuage au-dessus de ma tête mais au loin, quelques cumulus se massent entre eux, signe d'un orage imminent.

Je suis assis sur ce rocher et je repense à ces deux années passées. A l'homme arrogant, bagarreur, imbu de lui-même, grossier que j'étais. Un type que je n'aurai jamais voulu croiser alors que je vivais avec lui depuis toujours. Je me dis que j'ai réussi à l'apprivoiser, le dominer, puis le changer, en ce que je suis devenu. Je pense que sans tout ce qui m'est arrivé, je serai encore ce connard insupportable.

Assis face à la mer, noyé dans autant de monde, je suis certain de n'être qu'une goutte d'eau dans l'océan. Que tous ces gens qui m'entourent vivront des aventures inoubliables, auront une vie, des enfants, des gens à aimer, des pertes et des pleurs, des trahisons et des rebellions. Des accidents de la vie. Comme la mienne de foutue vie.

Je regarde un nuage au loin qui bouge, glisse doucement. Comme la vie de mes amis du circuit pro. Le tennis a continué de vivre sans moi et les Yvan, Meryl, Mirjana, Gavril ont suivi leurs chemins. Ils prennent encore leurs raquettes à la conquête de gloire, d'argent de notoriété toujours plus grande. Je suis le seul à regarder le monde bouger autour de moi.

Mes pieds s'enfoncent dans le sable chaud, je m'encre à cette réalité. Il y a six mois, mon monde sombrait. Mon frère avait voulu me faire disparaître pour prendre ma place si enviable. Il avait fait tuer une innocente, il avait enlevé une fillette, il avait fait du chantage sur sa mère, sans Beth il m'aurait explosé la tête dans ma chambre d'adolescent sans le moindre remord.

Mon regard froid se pose sur une femme voulant me vendre des colliers bon marché, ce qui ne la fait pas insister. Un regard sans vie comme j'avais dû en avoir un quand la police a déboulé à la ferme, arme au poing. Qu'ils ont embarqué mon frère dans un sac gris sombre, et Beth menotte aux poignets. Qu'ils m'ont questionné sans interruption vingt heures durant.

Je suis seul à voir ces nuages qui s'approchent, inquiétants. Menaçant comme la vie peut l'être. Ils me font penser aux périodes sombres. Mon agression bien sûr, ma parano galopante, l'enterrement bidon de la femme que j'aimais, la découverte de la trahison de mon frère jumeau, puis sa mort. L'arrestation de Beth et le placement de sa fille Tara en foyer, en attendant son jugement. La dépression de ma mère. Le procès de Beth statuant sur de la légitime défense et la restitution de sa fille.

Toujours assis, je regarde quelques familles rangeant leurs affaires de plage pour rentrer. La majorité des gens ne sont pas capables de se tenir droit face aux orages qui déferlent. Je n'en ai pas peur. Maintenant je sais que je suis plus fort que ça. Que les orages grondent, frappent, tonnent, mais finissent par passer. Que leurs éclairs aveuglent, étourdissent mais parfois illuminent.

Je suis assis sur un rocher de l'une des plages d'Auckland et je finis par me lever. Je marche seul vers la mer, mes yeux posés sur l'horizon sombre. Une petite main vient prendre la mienne et la serrer. Elle me tire vers sa mère. Elle m'attire vers Beth. Je la regarde venir à ma rencontre, ses cheveux trempés tombant comme une cascade sur ses épaules. Je lui tends sa serviette.

Je ne suis plus seul désormais. J'ai compris et j'ai pardonné. Tara est une gamine adorable. Nous nous entendons à merveille. Beth est la femme éblouissante dont j'étais tombé amoureux dès notre première rencontre. Cela fait deux mois que nous vivons ensemble dans un nouvel appartement à Auckland, pour un nouveau départ. Quelques semaines que j'emmène sa fille à l'école, puis que je rentre écrire quelques pages d'un livre destiné aux jeunes joueurs rêvant de se lancer dans un tennis professionnel rouleau compresseur. Si je peux leur faire éviter quelques écueils.

Nous remontons la plage tous les trois, ensemble. Je n'aurai jamais cru cela possible. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de me retourner et de regarder ces nuages d'orages contrastant avec le ciel bleu. Je me dis qu'ils sont le reflet de ce que je ressens. Cette image de mon amour retrouvé, de sa fille sauvée que j'ai découverte et aimé. Le ciel bleu.
Puis je pense que c'est cette femme que j'aime qui a tué mon frère. Je sais pourquoi elle l'a fait. Je sais bien qu'il fallait le faire. Mais j'y pense. Toujours. Ce sont mes nuages. Et j'ai peur qu'ils envahissent totalement le ciel. Qu'ils grondent, frappent et me foudroient.

« Doug ? Chéri ? Il faut rentrer maintenant. »

Je me retourne vers mes deux femmes qui avaient continué à marcher sans moi. Vers le côté clair de l'horizon.

J'ai envie d'y voir un signe.





Vincent Millous
21.8.2011 - 20.10.2013

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Dexter

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MessageSujet: Re: [douglas Barker] roman "dérapages sur le circuit"   Jeu 9 Juil - 11:05

Bonjour, et bien la fin n'a pas plu aux fidèles visiblement car bien peu de réactions. pas ? ah oui pas d'ailleurs. Very Happy
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Szynal

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MessageSujet: Re: [douglas Barker] roman "dérapages sur le circuit"   Jeu 9 Juil - 12:21

Je n'ai malheureusement pas le temps de relire tout ça mon Dex'. Pleins de choses à gérer. Par contre en regardant en diagonale, la fin m'est revenue en tête et je me souviens avoir particulièrement aimé les deux derniers épisodes !

_________________
David Heinzo, la grinta argentine à l'état pur !        
Titres: Miami (S1), Metz (S1), Bercy (S1), Masters (S1), Nottingham (S2), Coupe DAVIS (S2)                     

Erik Larsson, le sang-froid Suédois !
Titres: Wimbledon (S2)
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